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L’Escargot déchaîné n°14

mpOC | Posté le 15 juillet 2013

Edito : Quand un arbre cache la forêt - Michèle Gilkinet

Il a beau être beau, il a beau être essentiel, il a beau faire énormément de bruit lorsqu’il risque de tomber, il ne doit pas nous faire oublier la forêt qui pousse derrière lui.
De quoi je parle ? Vous ne devinez pas ? Je parle de cet arbre dont nous avons absolument besoin pour respirer librement ; je parle de cet arbre dont les fruits les plus beaux comme souvent d’ailleurs les moins aboutis nous permettent de nous émanciper et de nous affranchir de nos vieilles croyances que souvent il désigne d’une manière surprenante ; je parle de cet arbre qui arrive à nous faire ressentir au plus profond de nous-même ce qui fonde une bonne part de notre humanité. Je parle de … la culture.
Et j’en parle parce qu’on en a fait une fois de plus une exception, une exception unique, cette fameuse exception culturelle - pour tenter de nous faire admettre la négociation secrète d’un Traité qui contient les graines de nouveaux désastres sociaux et environnementaux notamment. Je désigne ici bien sûr cet abominable TTIP, à savoir le « Transatlantic Trade and Investment Partnership », en d’autres mots un Traité de Libre Echange Transatlantique pour lequel le 14 juin dernier, les gouvernements des 27 Etats membres de l’Union européenne ont donné un mandat de négociation à la Commission européenne.
Qu’on ne s’y trompe pas … Ce traité n’est pas qu’un Traité qui permettra d’assurer de meilleurs échanges commerciaux. Il peut nous mener dans des impasses encore plus profondes qu’aujourd’hui tant il ne fait qu’approfondir encore et encore le sillon mortifère à l’origine des basculements que nous connaissons tous azimuts aujourd’hui : le libre-échange et son corollaire, la recherche d’une croissance à tout prix.
Quelques exemples ? Allez ! Je m’y risque même si ce Traité secret n’a pas encore dévoilé toutes ces facettes.
• Ce Traité vise notamment à faire tomber les « barrières tarifaires ». En d’autres mots à éliminer les droits de douane d’un bord à l’autre de l’atlantique. Et donc à jeter à la poubelle une des voies que tous ceux qui, alertés par les délocalisations, les déstructurations industrielles ou la mise à sac des écosystèmes, visent au contraire à renforcer. Non pas pour se calfeutrer derrière des barrières étanches mais pour donner une chance à l’Humanité de passer du moins disant social et environnemental au plus disant.
• Il vise aussi à mettre à la casse le plus grand nombre possible de « barrières non-tarifaires » au commerce dès lors que ces dernières constitueraient un empêchement à la « concurrence ». Des barrières non-tarifaires ? Oui ! Par exemple des normes sanitaires, ou éthiques ou environnementales ou économiques et j’en passe. Bref on parle ici des normes que petit à petit nos pays et l’Europe ont édifiées souvent d’ailleurs sous la pression des citoyens qui voulaient autre chose que la loi du marché libre et non contraint. Comme les normes qui permettent une certaine protection de l’environnement, de la santé, de la culture, une protection sociale de haut niveau, …, ou encore de commencer à lutter contre la finance-casino. Ainsi concrètement cet accord pourrait nous conduire à abandonner :
-  la législation européenne sur le miel, selon laquelle les miels importés ne peuvent contenir du pollen génétiquement modifié ;
-  les restrictions européennes en matière d’OGM ;
-  les restrictions imposées dans certains cahiers de charge publics pour introduire plus de potentialités sociales ou une plus grande protection de l’environnement ;
-  Toute initiative visant à favoriser la relocalisation de l’économie ;
-  …
Ce ne sont là que quelques exemples mais assez explicites et qui indiquent bien que le combat contre ce Traité doit nous mobiliser. Il constituera d’ailleurs je pense un des enjeux majeurs des élections européennes et nationales qui se profilent pour 2014.
Pour terminer, je tiens à rappeler à ceux qui sont prêts à laisser tomber les bras devant cette tâche ardue en pensant ce combat perdu d’avance, les batailles menées dans les années 95-97 contre L’Accord Multilatéral d’Investissement (AMI) et qui ont mené à son abandon. Les protestations sont venues petit à petit de toute part. Les partisans de l’exception culturelle ont été rejoints par des ONG à objectif social et humanitaire, des mouvements de défense de l’environnement et même de plusieurs structures liées aux syndicats. A un point tel que la France d’abord a dû faire marche arrière. L’arbre avait retrouvé sa forêt.
Alors on y va tous ensemble ?

Si vous souhaitez en savoir plus je vous engage à ouvrir ces trois liens :
http://www.no-transat.be/adhere/texte-plateforme
http://www.jennar.fr/?p=3029
http://grappebelgique.be/spip.php?article2962

M. Gilkinet

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