Mouvement politique des objecteurs de croissance (mpOC)

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L’Escargot déchaîné n°7

mpOC | Posté le 12 novembre 2012

Chers amis,
Vous avez entre les mains – ou sur votre écran – le bulletin de liaison du Mouvement politique des objecteurs de croissance. Ce bulletin se veut ouvert à tous les objecteurs de croissance, membre ou pas du mpOC. Il se veut le creuset des idées qui nous permettent de penser et d’affiner les théories de l’objection de croissance, mais aussi le carrefour des actions concrètes qui sont menées pour la diffusion de nos idées. Nous vous invitons à le diffuser largement autour de vous et à y participer. Je profite de ce préambule pour appeler les associations qui nous sont proches pour qu’elles nous envoient leurs actions et propositions d’actions autour de l’objection de croissance, que nous publierons dans le but de créer des liens entre tout ce qui existe.
Marie-Eve Lapy-Tries

Edito du journal

Nous sommes chez nous, c’est à nous de les mettre dehors !

Mittal Liège, Ford Genk, Duferco, ING, Belfius et autres… Les licenciements secs se multiplient alors même que ces entreprises sont en bénéfices. La plupart de ces sociétés ont en outre reçu moult cadeaux fiscaux et autres « incitants à l’emploi », qui n’auront servi qu’à engraisser un peu plus les actionnaires en laissant sur le carreau nombre de travailleurs désabusés : certains ont donné plus de 20 ans de leur vie à ces entreprises sans scrupules.
Faut-il pour autant, comme le demandent les syndicats, manifester « pour l’emploi » ? Réclamer plus de croissance et plus d’emploi, c’est en l’espèce réclamer des exploiteurs : il faudra faire de nouveaux cadeaux fiscaux, être encore plus « compétitifs », à savoir travailler comme des fous et être encore moins bien payés, il faudra tout faire pour attirer ces employeurs, et rendre la situation des travailleurs encore plus précaire. En l’état, le marché de l’emploi tue l’emploi. Mais alors, que faire ? Voici quelques propositions parmi d’autres :
-  Définir démocratiquement quels sont les besoins qu’il faut remplir et pour lesquels il nous faudrait une industrie. Encourager les initiatives en ce domaine.
-  Cesser immédiatement toute aide à l’emploi et tout cadeau fiscal envers les entreprises multinationales : tôt ou tard, ces entreprises se joueront des travailleurs et s’en iront avec la caisse. Mieux vaut utiliser cet argent autrement : revenu inconditionnel d’existence pour chacun, aide à l’économie sociale en soutenant, par exemple, les reprises d’entreprises en coopératives.
-  Confiscation immédiate des moyens de production d’une entreprise qui décide de fermer un site. C’est une question de principe et ce même si l’Etat ne se sert pas de l’outil de production. Hors de question de le laisser aux mains d’une entreprise sans foi ni lois. Il faut nous doter d’un arsenal législatif pour ce faire.
-  Cesser la « chasse aux chômeurs » qui est contreproductive lorsqu’il n’y a pas assez d’emploi pour tout le monde. Demander la diminution du temps de travail, ainsi que le revenu inconditionnel d’existence. Ad minima, on demandera que les allocations de chômages soient suffisantes pour assurer un salaire décent aux travailleurs. Diminuer les allocations de chômage, c’est diminuer les bas salaires.
-  Cesser de craindre la « fuite des capitaux » : ils ne s’investissent de toute façon pas et nous coûtent au contraire. Au contraire, il faut voir quelles sont les richesses réelles que nous possédons et tenter avec ces richesses de donner à chacun une vie simple mais décente.
Bref, nous sommes chez nous, et ces multinationales n’obéissent pas à nos lois et nous méprisent. Ce n’est pas à elles de nous mettre dehors, mais à nous de les empêcher de nuire.

Marie-Eve Lapy-Tries, porte-parole

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