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Soutien à l’action de désobéissance civile du 29 mai contre un champ d’essai de patates OGM à Wetteren

mpOC | Posté le 26 juin 2011

Suites de l’action de désobéissance civile du 29 mai contre un champ d’essai de patates OGM à Wetteren - Appel à soutien et à solidarité

À l’appel du Field Liberation Movement belge, environ 500 personnes, parmi lesquelles des membres et des sympathisants de notre Mouvement, on participé le 29 mai dernier à l’action de désobéissance civile contre un champ d’essai de patates OGM à Wetteren.

Des participants à l’action ont été identifiés par la Police, et risquent des poursuites judiciaires et de lourdes amendes suite à la destruction du champ d’essai. Si c’est le cas, nous vous inviterons à manifester votre soutien et votre solidarité.

Mais dès à présent, il s’agit d’exprimer sans tarder notre soutien à Barbara Van Dyck qui a été licenciée de son poste de chercheuse à la KUL suite à cette action (°). A cet effet, nous pouvons notamment signer la pétition - pour la signature, c’est tout dans le fond.

Par ailleurs, nous vous invitons à prendre connaissance ci-dessous d’un extrait du compte-rendu de la dernière réunion de la Plateforme de Soutien à l’Agriculture Paysanne (PSAP) - plateforme dont nous sommes partie prenante - et nous vous encourageons à y donner suite dans le mesure de vos possibilités.

Le Secrétariat général

(°) Voyez http://threerottenpotatoes.wordpres... et La Libre Belgique « La chercheuse licenciée se défend »)

Compte-rendu de la réunion du 20 juin 2011 de la Plateforme de Soutien à l’Agriculture Paysanne (PSAP)

Extrait relatif aux suites de l’action du 29 mai à Wetteren

[...] L’action a permis d’ouvrir des débats publics sur la question des OGM mais aussi sur la question de la recherche scientifique et de son indépendance ou encore sur la question de l’action directe non-violente. Suite à une intervention télévisée sur les lieux de l’action, Barbara Van Dyck, a été licenciée de son poste de chercheuse à la KUL. (La Libre Belgique « La chercheuse licenciée se défend »).

Les membres de la PSAP présents à la dernière réunion se sont prononcé en faveur d’un soutien à Barbara Van Dyck mais aussi et surtout pour ne pas laisser le débat sur les OGM entre les mains de leur promoteurs. Dès lors, nous rappelons aux organisations membres que leur position compte énormément dans ce débat et nous les invitons à réagir de manière appropriée en fonction de leurs activités et des contenus qu’elles portent et défendent. Voici 3 pistes d’actions concrètes que nous nous proposons de suivre…

1) Rappeler notre opposition aux OGM

Nous invitons chaque membre à réagir aux différents propos tenus par des élus sur la nécessité des recherches sur les OGM comme faisant partie de la solution pour nourrir le monde (lire entre autre : La libre Belgique « Les pommes de terre de la discorde »).

En mars 2010, l’UE a autorisé la culture d’une pomme de terre féculière (Amflora), mettant ainsi fin au moratoire qui existait « de fait », depuis 1998. C’est, entre autre, cette variété qui était testée à Wetteren par l’université de Gand. La Commission Européenne étudie également la possibilité de renationaliser les procédures d’autorisation de culture et de commercialisation d’OGM. Cette décision aurait pour conséquence l’entrée des OGM dans l’alimentation en Europe. Malgré une forte opposition des citoyens, les multinationales semencières réussissent à faire entrer les OGM dans notre agriculture et même à faire participer financièrement nos gouvernements dans la recherche liée à ce secteur. Face à ces offensives, nous invitons les membres de la plate-forme à rappeler leur opposition aux OGM. Pour ce faire, nous vous invitons, par exemple, à rejoindre le rang des signataires de la position commune adoptée par la majorité des membres de la PFSA en 2007 et dont le contenu reste d’actualité. Voir texte ci-dessous

2) Investir le débat public

De nombreuses questions sont soulevées par l’action et les suites qu’elle a connue. Les OGM sont-ils nécessaires pour l’alimentation et l’industrie ? Doit-on investir de l’argent public dans la recherche pour les cultures OGM ? Le financement privé de la recherche universitaire, risque et opportunité ? Quelle liberté d’expression pour les chercheurs, pour les citoyens ? Désobéissance civile : forme de terrorisme ou résistance démocratique ?

Vous pouvez réagir à ces questions au travers d’une carte blanche, par communiqué de presse ou encore en y consacrant un article dans vos prochaine publications, sur vos sites web, dans vos newsletter. Le premier objectif de l’action menée était de rendre publique l’entrée des OGM sur le sol belge et européen et d’ouvrir le débat public. Les avis en faveur des OGM et la criminalisation des activistes ont eu leur place dans les médias, et ont suscité pas mal de réactions en Flandres, mais pas encore tellement en Belgique francophone. A nous de faire rebondir le débat ! La région wallonne s’est d’ailleurs de manière générale prononcée contre l’introduction des OGM, s’opposant à la région flamande. Dans le débat actuel, il est indispensable que la région wallonne, appuyée par une forte opposition du public et de la société civile, réaffirme ses positions publiquement.

3) Signer et faire signer la pétition de soutien à Barbara Van Dyck

Dans l’immédiat nous vous invitons à signer la pétition de soutien à la chercheuse Barbara Van Dyck qui sera remise au recteur de la KUL mardi 28 juin en présence de Isabelle Stengers et d’autres chercheurs. Il importe de signer le plus tôt possible et de diffuser cet appel dans vos réseaux.

SIGNEZ ICI : http://threerottenpotatoes.wordpress.com. La remise de cette pétition mardi prochain est une opportunité médiatique de réagir par communiqué de presse sur les différentes questions exposées ci-dessus.

Plus d’informations sur le site http://fieldliberation.wordpress.com/

Partagez vos actions avec le reste de la PSAP en envoyant une copie de vos articles, actions, communiqués ou carte blanche à plateformeagriculturepaysanne at gmail.com.

Position de la PFSA (Plate Forme Souveraineté Alimentaire) sur les OGM - 2007

Dans la situation actuelle, nous demandons

1. de prendre les mesures nécessaires à la défense de l’agriculture paysanne familiale et durable en région wallonne. C’est pourquoi il convient, dans l’esprit de la chartre des régions et du principe de précaution, d’adopter des règles rigoureuses de coexistence permettant de garantir une absence d’OGM en région wallonne.

2. d’appliquer le principe de précaution en faisant réaliser par un comité d’experts, préalablement à toute autorisation de culture d’OGM, une étude socio-économique permettant d’évaluer l’opportunité pour l’agriculture wallonne d’une culture transgénique. Dans l’hypothèse où la coexistence s’avère potentiellement problématique, il convient de mettre en œuvre les procédures d’évaluation des risques liés à l’utilisation des OGM. Les comités d’experts doivent gérer au cas pas cas les risques sur la santé, pour l’environnement et les risques sociétaux. Ces comités doivent être équilibrés et leur composition doit intégrer des acteurs représentés au sein de la PFSA

3. d’adopter des mesures de responsabilité par l’instauration d’un fonds d’indemnisation alimenté par l’ensemble des acteurs économiques partie prenante aux cultures d’OGM, en particulier les entreprises détenant les brevets OGM. Ce fond servant à prendre en charge les indemnisations d’une contamination accidentelle d’un autre agriculteur et les coûts liés à une contamination de l’environnement. L’instauration, au niveau européen, d’un tel fond doit être privilégiée et, le cas échéant, institué au niveau régional. Dans le cas d’une contamination liée au non-respect des règles de coexistence par l’agriculteur, le transporteur ou le stockeur, les frais des dommages devraient alors être à sa charge.

4. d’adopter un fond spécifique aux coûts inhérent à l’introduction des OGM. Il semble important que ni les agriculteurs "non-OGM" ni les consommateurs ne doivent financent les coûts inhérents à la gestion de la coexistence (contrôle, frais d’analyse, coûts administratifs, …). Ce fond devrait être financé par les entreprises détenant les brevets OGM qui sont les acteurs qui sont assurés de tirer profit de l’utilisation des OGM.

5. de soutenir, au niveau régional et au niveau européen, le développement d’une recherche publique réellement indépendante afin de développer une expertise en matière d’OGM pour évaluer les risques environnementaux, socio-économique et de santé publique liés aux demandes d’introduction d’OGM. De conserver une expertise en matière de contrôle et détection des OGM en particulier en ce concerne les importations de produits agricoles. La PFSA souhaite également que le développement de cette expertise sur les OGM ne se fasse pas au détriment de la recherche qui vise à assurer une plus grande indépendance de l’agriculture au secteur agro-industriel (approche écosystème, lutte biologique, …)

6. de défendre au niveau européen le droit pour toute région de se déclarer démocratiquement zone sans OGM et de renforcer le réseau international des collectivités locales qui se sont déclarées zone sans OGM.

7. de renforcer l’autonomie de la région wallonne en alimentation animale. La trop grande dépendance de l’Europe en protéines diminue fortement sa liberté de choix concernant sa qualité. C’est cette dépendance qui rend difficile de refuser les 16 millions de tonnes de soja et de colza génétiquement modifié importées chaque année en Europe.

8. de garantir des normes d’étiquetage des aliments libres d’OGM avec la norme de détection la plus élevée possible, s’appliquant également aux importations.

9. de revoir la politique de coopération de l’union européenne afin qu’elle n’utilise plus l’aide pour pousser les pays ACP à se doter de réglementation sur les droits de propriété intellectuelle. Cette revendication doit être renforcée par la modification de l’Accord sur la Propriété Intellectuelle à l’OMC (ADPIC), des traités de l’Organisation Mondiale de Propriété Intellectuelle et l’adoption d’un traité sur l’accès et le partage des bénéfices à la Convention sur la Biodiversité (CBD). Ces modifications doivent viser l’exclusion du brevetage sur les formes de vie, des connaissances traditionnelles et des produits et processus essentiellement dérivés de ces connaissances.

10. de modifier les réglementations européennes afin d’imposer l’étiquetage des produits pro-venant d’animaux nourris aux OGM (lait, œufs, viandes etc.) comme c’est actuellement le cas des ingrédients et additifs alimentaires provenant d’OGM.

Pour marquer votre soutien à ce positionnement, envoyer un mail à plateformeagriculturepaysanne at gmail.com.

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