Mouvement politique des objecteurs de croissance (mpOC)

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Penser à gauche - Figures de la pensée critique aujourd’hui

mpOC | Posté le 13 juin 2011

chroniques de livres - Ouvrage collectif, « Penser à gauche - Figures de la pensée critique aujourd’hui » - Editions Amsterdam, janvier 2011

Non : le livre donc ici question n’est pas celui de Sophie Heine au titre quasi identique. Celui-ci est le recueil d’une bonne quarantaine d’articles écrits par des penseurs de gauche à propos de livres écrits par d’autres auteurs de gauche. Et pour une fois, la pensée de la décroissance ou de l’objection de croissance tient une place non négligeable dans ce panorama de la pensée progressiste en ce début de XXIème siècle. Cette recension de courts articles (qui mis à bout à bout font toutefois 500 fortes pages) a été possible grâce à « La Revue internationale des livres et idées ».

On trouve ainsi, dans le désordre, Anselm Jappe qui parle de Moishe Postone, Slavoj Zizek qui lit Peter Sloterdijck, Frédéric Lordon qui commente Keynes, Yves Citton qui étudie Isabelle Stengers et Isabelle Stengers qui aborde Donna Harraway.

En ce qui concerne le chapitre 2, « Le temps de l’écologie politique et de la décroissance », on trouve une analyse de « Ecologica » d’André Gorz par Charlotte Nordmann ou Michael Lowy qui présente « Une écologie de gauche aux USA ». Personnellement, j’ai été surtout séduit par deux articles. D’abord celui de Fabrice Flippo titré « Arne Naess et la deep ecology : aux sources de l’inquiétude écologique ». On y découvre avec étonnement que ce philosophe norvégien, père de l’écologie profonde, n’est absolument pas l’épouvantail quasi nazi que certains voient en lui. En francophonie, tout le mal vient de Luc Ferry qui a proféré tant de contre-vérités que même les écologistes ont cru voir en Naess un totalitaire alors que c’était un résistant aux nazis, un alpiniste audacieux, un penseur mesuré et un philosophe qui, parmi les premiers a dit que la technologie n’était pas la solution à l’impasse environnementale. Il a cependant eu le grand tort de dire avant d’autres (dès 1972) qu’il faudrait une mutation culturelle, un changement de valeurs, un autre mode de vie et d’autres priorités collectives pour sortir de l’imaginaire moderniste et productiviste. Un décroissant avant la lettre, quoi… Pas étonnant qu’on l’ait autant dénigré.

On lira aussi avec grand intérêt l’interview de Stéphane Lavignotte qui, à mon humble avis, est l’analyste le plus inspiré de la décroissance dans le monde francophone. Dans cet entretient, il éclaire politiquement les fractures fortes entre les rédacteurs d’articles du mensuel « La décroissance ». Prémonitoire…

Alain Adriaens

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