Mouvement politique des objecteurs de croissance (mpOC)

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Alors…, on change ?

mpOC | Posté le 11 mars

Billet bimestriel -mars 2019

Alors…, on change ?

Ça a commencé dès septembre, avec l’occupation de la dalle du parlement européen plusieurs samedis de suite… Les 2 décembre et 27 janvier, ils étaient près de 75.000 à défiler et à affirmer que « L’humanité ne court pas à sa perte, elle y va en bagnole… ». Mi-janvier, les écoliers et étudiants se sont mis de la partie et ont réinventé les « semaines des quatre jeudis  ». Et maintenant voici que les syndicats semblent se réveiller. Les activistes qui, depuis longtemps, sont mobilisés pour alerter sur les graves dangers du dérèglement climatique se multiplient sur tous les fronts.

N’allons cependant pas imaginer que la société va enfin changer dans le sens du nécessaire arrêt de la croissance qui est à la source des problèmes. Non : ceux qui détiennent le pouvoir ont déjà allumé des contre-feux. Les très puissants, toujours à la la poursuite de l’accumulation de leurs profits financiers sont décidément incorrigibles et dressent leurs pièges destinés à garder leur pouvoir.

Écoutez les politiques qui sont à leur service : eux seraient « éco-responsables, éco-réalistes, éco-sceptiques », ce qui signifie en fait qu’ils souhaitent que l’on se contente de légères mesures cosmétiques afin que rien ne change en profondeur. La palme de l’hypocrisie revient à deux (ir)responsables du MR, éléphants bleus dans un magasin de porcelaine : leur carte blanche, « Écologie bleue », accueillie par La Libre Belgique, est un tel ramassis de contre-vérités que le mpOC s’est donné la peine d’une réponse argumentée mise en ligne sur notre site (puisque qu’elle fut refusée par La Libre mais acceptée ailleurs).

Peut-être plus inquiétant encore est le constat que le monde des multinationales s’est déjà organisé pour imposer à l’opinion publique les fausses solutions. Ainsi, la campagne Sign for my Future est durement mise en cause car elle veut faire croire que l’on peut « en même temps  » être dirigeant d’une entreprise qui contribue largement aux émissions climaticides et participer à une dénonciation de ces activités. Le journal antiproductiviste Kairos a mis en ligne une longue enquête qui montre que, depuis juillet 2018, une asbl appelée Mandat Climatique réunit des grands patrons dont Kairos dit que l’objectif est de réaliser « un travail de "pédagogie", entendez une propagande efficace, pour faire accepter par le peuple une transition que le patronat appelle de ses vœux tant elle représente une ultime métamorphose du capitalisme (qu’ils nomment "disruption") qui lui permettra d’assurer les profits pour les prochaines décennies et de perpétuer le désordre climatique du fait de la destruction des écosystèmes.

Une tactique perverse pour empêcher des mesures quelque peu efficaces est de dénoncer une «  écologie punitive » qui toucherait les plus démunis (dont on n’a jamais remarqué qu’ils se préoccupaient de leur sort). Ainsi, si l’on songe à mettre le kérosène pour avions sur le même pied que les autres carburants et prévoir une taxation identique, certains plaignent les ménages modestes qui ne pourront plus se payer leur voyage annuel au Sud de l’Europe en cachant qu’ils pensent surtout à ceux qui vont, 10 fois par an, faire du shopping à Milan ou Barcelone ou à la bien nommée jet set, qui n’arrête pas de voleter de par le monde en tous sens…

Toutefois, le stratagème le plus utilisé pour nier la nécessité de la décroissance de TOUTES les consommations reste la confiance absolue dans des technologies nouvelles qui seraient censées résoudre les problèmes, alors qu’il est de plus en plus évident que c’est la foi irrationnelle dans les technosciences qui nous a menés dans l’impasse actuelle.

Ne cachons pas notre plaisir à voir une part croissante de nos contemporains prendre conscience de l’urgence du changement. Et, avec de plus en plus d’autres, applaudissons à la convergence des sensibilités qui réalisent que le productivisme est leur ennemi commun. Retrouverons-les ce 15 mars pour une grève générale pour le climat. Chez nous, comme dans 43 autres pays plusieurs rendez-vous s’organisent, avec notamment une manifestation à Bruxelles.

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