Mouvement politique des objecteurs de croissance (mpOC)

Accueil > Ressources > Chroniques de livres > Evaluation de la politique belge d’agrocarburants

Evaluation de la politique belge d’agrocarburants

mpOC | Posté le 30 janvier

Le CETRI, à savoir le Centre tricontinental est une organisation non gouvernementale basée à Louvain-la-Neuve (Belgique) qui s’attache à l’étude, la publication, la documentation et l’éducation permanente sur le développement et les rapports Nord-Sud.

Ce centre vient de sortir une évaluation de la politique belge en matière d’agrocarburants élaborée à initiative d’IEW, du CNCD-11.11.11, d’Oxfam, de FIAN et du CETRI. Cette évaluation confirme bon nombre de nos craintes. Nous reprenons ci-dessous les faits marquants dégagés dans cette étude.

Les conclusions sont claires. Le mpOC soutient donc l’appel lancé aux autorités européennes, nationales et fédérales. Il faut arrêter de miser sur les agrocarburants comme solution énergétique parce qu’une telle politique ne peut que renforcer les risques climatiques et les dérèglements sociaux. C’est une fausse bonne idée.

Vous trouverez à cette adresse l’évaluation complète.

Les chiffres ci-dessous donne la situation en 2018 par rapport à 2017.

Le recours au biodiesel d’huile de soja est multiplié par 10, pour atteindre 127.000 m3. Ceci rend les volumes d’huile de soja ainsi consommés comparables aux volumes nets importés pour les applications alimentaires. En 2018, la quantité d’huile de soja consommée dans nos moteurs correspond à environ 11 litres par Belge.L’huile de palme recule, mais reste présente dans le diesel vendu en Belgique. En 2018, la quantité d’huile de palme consommée dans nos moteurs correspond à environ 2,5 litres par Belge.

La surface nécessaire à la production de ces huiles brûlées dans nos moteurs est considérable. Pour l’huile de soja utilisée dans le diesel belge, la surface de production équivaut à cinq fois la superficie totale de la Région Bruxelloise.
Ceci augmente les risques de déforestation et de perte de biodiversité dans les pays du Sud, ainsi que les risques de violations de droits humains, d’accaparements de terres ou d’impact sur les marchés alimentaires.

Au niveau climatique, le bilan des biodiesels d’huile de palme, de soja et de colza est pire encore que celui du diesel fossile remplacé. Leur utilisation actuelle en Belgique produit un surplus d’émissions de gaz à effet de serre équivalant aux émissions de l’ensemble du secteur des transports belge pendant 10 jours.

Ces éléments interpellent, particulièrement dans un contexte où la Belgique vise une augmentation sans précédent du recours aux agrocarburants dans les prochaines années, comme il ressort du projet de Plan National Energie Climat : passer à 14% d’agrocarburants en 2030 contre 5,5% en 2017. Alors que les politiques de soutien aux agrocarburants sont largement décriées pour leurs impacts sociaux et environnementaux, les autorités belges sortent de leur chapeau un objectif national d’agrocarburants huit fois supérieur à la seule obligation européenne concernant les agrocarburants en 2030, et qui s’élève à 1,75% d’agrocarburants « avancés » (en termes énergétiques réels).

En conséquence, les organisations à l’origine de cette analyse appellent :

La Commission européenne à adopter ce 1e février 2019 une méthodologie robuste pour avoir, au niveau européen, un phasing-out des biodiesels à haut impact climatique (high ILUC), en particulier les biodiesels de palme et de soja.

Les autorités belges à revoir totalement leur copie en ce qui concerne le recours aux agrocarburants dans le cadre du Plan National Energie Climat 2030, afin d’être cohérentes face à leurs engagements en matière de changement climatique, de développement durable et de respect des droits humains. Les agrocarburants issus de matières premières alimentaires doivent être éliminés, et les agrocarburants « avancés » faire l’objet d’une approche réaliste et prudente.

Les régions à prendre leurs responsabilités pour aller résolument vers une mobilité durable, sans chercher à reporter les efforts sur le niveau fédéral. Leurs politiques de décarbonation du transport devraient cibler prioritairement la réduction du trafic automobile et le développement des alternatives (transports en commun, mobilité douce, véhicules partagés, etc.).

https://www.cetri.be/Palme-et-soja-dans-les-moteurs

SPIP | Espace privé | Plan du site | Mentions légales | creative common | Suivre la vie du site RSS 2.0