Mouvement politique des objecteurs de croissance (mpOC)

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Les leçons de l’été

mpOC | Posté le 1er août

Billet bimestriel -août 2018

Les leçons de l’été

Les mois de mai, juin et juillet 2018 furent exceptionnellement beaux en Belgique. L’IRM (Institut royal météorologique) a enregistré des records de sécheresse et de chaleur depuis qu’il fait des mesures. Même par rapport aux dernières années, déjà exceptionnelles, ces derniers mois ont atteint des records bien visibles sur le diagramme ci-dessous extrait des excellentes statistiques climatiques de l’IRM. Un mois très chaud, cela peut arriver… Mais 3 mois consécutifs exceptionnels, ce n’est plus un hasard mais la preuve d’un changement climatique de fond.

Si nous parlons du temps qu’il fait ce n’est pas pour répéter ce que tout le monde sait aujourd’hui : les climats sont détraqués et la Belgique connaîtra très pro-bablement bientôt des conditions climatiques qui étaient celles hier du Bordelais où de la Galice.

Non, si nous abordons ce sujet c’est pour vous parler des vacances. Ce temps délicieux était parfait pour découvrir les champs du Pajotenland, les forêts de Saint-Hubert ou les coins cachés de la très proche Côte d’Opale. Hélas, beaucoup ont cédé aux sirènes de la mode, de la consommation ostentatoire de loisirs et de la publicité conjuguées pour voler vers des cieux lointains : Thaïlande, Kenya ou Guadeloupe, par exemple. Culpabiliser ceux qui ont ainsi participé à la croissance des émissions de CO2 ne sert à rien et n’a d’ailleurs jamais fait partie des objectifs du mpOC. Si nous en parlons c’est pour montrer que d’autres voies bien plus désirables et souhaitables existent loin des sirênes du consumérisme qui continuent à anéantir la capacité de penser des humains au moment où pourtant nous en avons particulièrement besoin. Au moment où scientifiques et collapsologues nous rappellent que nous n’échapperons pas aux catastrophes climatiques dont on vient de constater seulement un début cet été. N’est-ce pas depuis 1972 que le Club de Rome et le rapport Meadows nous ont prévenus qu’il fallait arrêter de croître ?

Vacances, du latin vacare, « être vide ». Sommes-nous encore capables d’avoir du temps libre et d’utiliser les jours non consacré au boulot et autres corvées à des activités vraiment libres ? Bernard Charbonneau, ce précurseur de l’écologie et de la décroissance a écrit, en 1937, un texte prophétique : Le sentiment de la nature, force révolutionnaire. Il y décrivait comment les sociétés industrielles, où tout devient artificiel à cause du développement des techniques, suscitaient l’apparition d’un besoin de retrouver de l’autonomie et la nature, elle qui fut la compagne d’homo sapiens durant les centaines de milliers d’années de son évolution. Mais, déjà, Charbonneau devinait comment la société consumériste allait récupérer ce besoin de fuir les grises cités pour faire du profit. Il prévoyait les dérives du tourisme de masse qui fait qu’aujourd’hui les plages sont plus bondées que les rues commerçantes un samedi après-midi et que des villes comme Barcelone ou Lisbonne n’en peuvent plus de l’invasion des hordes de touristes. Des îles, des côtes, des vallées montagnardes furent urbanisées de façon telle que le retour vers la nature qu’on vient y chercher n’est qu’un leurre. Charbonneau nous avait pourtant avertis : « Ce n’est pas d’un dimanche à la campagne [d’une quinzaine aux Seychelles] dont nous avons besoin mais d’une vie moins artificielle. »

Pour réfléchir ensemble comment nous libérer des contraintes qui font de nous un animal laborans et entrevoir une réelle émancipation collective des mirages du capitalisme, le mpOC vous invite à terminer l’été par les 4èmes rencontres des alternatives rouges-vertes dans les jardins partagés de Villers-la-Ville. Avec nos camarades de l’ACJJ, de À Contre-Courant et des Amis de la Terre nous débattrons, le 26 août, de 10h00 à 18h00, dans un cadre bucolique sur les thèmes Autonomie-frugalité-solidarité. Le retour à une vie plus proche de la nature et la possibilité d’une résilience face à l’effondrement de la société techno-industrielle qui se profile, pour beaucoup, des jeunes notamment, cela passe par le choix de s’intégrer dans une activité agricole. Dans cette perspective, le mpOC Liège, avec Barricade, le Grappe, Attac-Liège, le MAP et le CATL organisent, le 15 novembre 2018 à l’Université de Liège, place du XX août 7, 4000 Liège, une rencontre-débat avec Silvia Pérez-Vitoria sur le thème Pour un XXIe siècle paysan.

Et pour une analyse de comment les techno-furieux entendent rendre nos sociétés encore plus complexes et nous faire perdre toujours plus d’autonomie, notez aussi dans vos agendas la date du 24 novembre où avec La Maison du livre et le magazine Kairos nous échangerons sur les menaces des transhumanistes avec des représentants de Pièces et Main d’œuvre et de Technologos entre autres.

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