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Déchets d’emballage : il est temps de se ressaisir

mpOC | Posté le 18 avril

IDD, L’Institut du Développement Durable vient de publier cette brève analyse qu’il nous a semblé intéressant de répercuter au moment où plus que jamais la société s’interroge enfin un peu plus sur les déchets d’emballage.

Une analyse de Philippe Defeyt

La presse de ce matin faisait allusion à la présentation ce lundi d’une étude sur les déchets par la fédération des recycleurs Coberec-Go4Circle et la ministre fédérale de l’Environnement et du Développement durable.

Un des points mis en évidence lors de cette présentation concerne les difficultés rencontrées par les recycleurs des emballages en plastique. La Brève n° 12 de l’Institut pour un Développement Durable vise à éclairer ce débat en proposant quelques indicateurs sur base des dernières données disponibles de FOST+ (2016).

Ces indicateurs sont repris dans la note jointe. J’en tire quatre conclusions majeures :

1. La quantité totale de d’emballages ménagers mise sur le marché continue d’augmenter, malgré les nombreuses prises de position des acteurs politiques et des entreprises concernées déclarant vouloir réduire le volume des déchets ménagers. La prévention quantitative est pourtant le premier principe à mettre en œuvre comme nous y invitent de nombreux textes.

2. Le rapport entre l’évolution des déchets d’emballages et l’évolution de la consommation privée des ménages s’est stabilisé au cours des dernières années. Cela veut dire qu’il n’y a plus d’efforts significatifs pour découpler la production de déchets de la consommation, objectif général indispensable pour réduire la pression sur l’environnement.

3. Le taux de recyclage stagne et à même eu tendance à diminuer par rapport à 2011. Certes, il faut tenir compte de diverses évolutions structurelles, mais cela ne change pas grand chose à l’impression générale que l’on a atteint un plafond en matière de recyclage matières.

4. Le taux de recyclage des plastiques est particulièrement faible, même s’il augmente progressivement : 36% pour les plastiques en général en 2016 mais seulement 12% pour les plastiques autres que les bouteilles et flacons (qui représentent 62% du total des emballages plastiques).

Il faut donc se ressaisir. Les suggestions des recycleurs sont pertinentes : "les recycleurs encouragent l’adoption d’emballages composés d’un seul matériau, de privilégier les plastiques PET transparents, plus identifiables lors du tri optique, ou encore de réduire la taille des manchons qui habillent les bouteilles."

Mais cela ne suffit pas. Puis-je me permettre de rappeler que les trois orientations suivantes :

  • 1° réduire la quantité de déchets d’emballages, notamment en réduisant les emballages inutiles,
  • 2° privilégier des emballages réutilisables,
  • 3° privilégier autant que possible des emballages mono-matériau ou, en tout cas, des matériaux facilement séparables font partie des promesses des secteurs concernés depuis presque 25 ans (début du débat sur les éco-taxes). Dire que rien n’a été fait serait faux, mais les efforts qui ont été faits (les plus faciles, à savoir réduire le poids d’un emballage donné par progrès technique) sont largement annihilés par des évolutions qui vont dans le mauvais sens (emballages sophistiqués, matériaux moins facilement recyclables, diversification des matériaux).

Une fois de plus faire confiance à l’auto-régulation des acteurs économiques ne marche pas. Il faut réguler plus et mieux.

Indicateurs dans la note jointe.

A votre disposition.

PDF - 190.3 ko

Philippe Defeyt 0476/906.365

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