Mouvement politique des objecteurs de croissance (mpOC)

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Les alternatives commencent à se mettre en réseau

mpOC | Posté le 25 mars

Billet bimestriel - mars 2017

Dans les messages des objecteurs de croissance de septembre et de novembre 2016, nous avons relayé des enquêtes et sondages d’opinion qui montrent que beaucoup de Belges et d’Européens sont prêts à modifier leurs modes de vie dans le sens d’une modération de leurs consommations.

Il y a parfois loin de la coupe aux lèvres mais ces bonnes intentions se traduisent de plus en plus en actions concrètes. Depuis 3 ou 4 ans, on assiste en effet à la floraison d’initiatives assez enthousiasmantes, et ce dans une multitude de secteurs. Le film Demain a révélé ce phénomène au grand public, malheureusement de manière superficielle et, plus grave, sans oser dire que ces expérimentations en dehors de la logique dominante se heurtent et se heurteront inévitablement à la résistance, parfois très dure, des forces au pouvoir dans nos sociétés. En effet, des individus ou des groupes qui vivent frugalement gênent beaucoup les partisans du « toujours plus » nécessaire à la survie du capitalisme néolibéral.

Aujourd’hui donc, les plus conscients politiquement parmi les objecteurs de croissance et autres transitionneurs réfléchissent comment il serait possible que ces « expérimentations de niche » puissent, à terme, influencer l’ensemble de la société et arrêter sa dangereuse évolution vers des impasses environnementales et sociales, pourtant évidentes. Refusant donc de traiter les courageux « militants existentiels  » de bobos ou de bisounours, ceux-là réfléchissent, à l’éclairage de l’histoire, comment des précurseurs ont pu influencer durablement le cours de leurs sociétés. Ils s’emparent aussi des nouvelles analyses légitimées par l’avancée des sciences physiques et sociales. On voit ainsi naître des coalitions dans l’objectif de rassembler ceux qui veulent rendre ces initiatives éparses conscientes de ce qu’elles incarnent et les transformer, peut-être, en un mouvement global et cohérent.

Au sein du mpOC, nous approuvons ces rassemblements, échanges, solidarités qui peuvent avoir des effets très positifs. Ainsi, l’Alliance D19-20, regroupant plus de 100 organisations et qui a œuvré pendant 3 ans à dénoncer les menaces des traités de libre-échange a réussi à faire de la Wallonie et de Bruxelles les seules régions dont les autorités ont résisté aux mortels chants des sirènes néolibérales.

Toutefois, nous ne souhaitons pas que certains se croient autorisés à s’attribuer le rôle de leader du mouvement qui semble naître. Le rejet de tout autoritarisme qui irrigue les nouveaux résistants à la croissance, rend heureusement cette tentation inefficace voire contre-productive. La réussite des convergences dépendra en effet tant de l’avancée des expérimentations concrètes sur les territoires que de l’édification collective d’un nouveau vocabulaire à même d’éclairer le champ social sous un nouvel angle. La mobilisation et les convergences viendront donc des collectifs de base et pas d’un quelconque « en haut ». C’est pourquoi nous apprécions beaucoup ceux qui réfléchissent à ce qui émerge, tentent de le mieux connaître, l’analysent avec rigueur intellectuelle et s’efforcent de le faire connaître. Nous repérons de telles volontés en des lieux aussi différents que l’asbl Barricade, le Centre Avec ou la coopérative d’édition Pour écrire la liberté. Il y en a de nombreux autres.

Ceci n’est qu’un début, il manque des éléments pour qu’émerge véritablement un mouvement social. Rien que sur la question centrale de la place du travail/emploi/activités humaines, la colonisation de nos imaginaires par le libéralisme et le productivisme rend difficile la sortie de la société travailliste qui handicape pourtant toute évolution significative. Quand on voit la levée de bouclier de tous les conservatismes face à l’audace du candidat à la présidentielle française Benoît Hamon qui a évoqué une allocation universelle, on devine ce que pourrait être la réaction des pouvoirs financiers qui régissent nos sociétés (seuls les rentiers ont le droit de ne pas « gagner leur pain à la sueur de leur front » n’est-ce pas ?).

Dans l’espoir de faire avancer la nécessaire prise de conscience des défis à relever d’urgence, le mpOC vous propose trois activités qui, au côté de mille autres, participent à cette (r-)évolution qui vient.

Alain Adriaens

Conférence-débat avec Alain Adriaens à propos de son livre Un millénaire de simplicité volontaire en Occident (Ed. Couleur livres, 2016). Organisé par le mpOC-Liège avec le soutien d’Attac-Liège, d’A Contre Courant et de Barricade. Jeudi 23 mars de 19h00 à 22h30, Barricade, rue Pierreuse, Liège.

Ni robot, ni objet, simplement humain  : conférences-débats du 24 mars 17h00 au 25 mars 13h30 avec Jacques Testart, Valérie Lootvoet (Université des femmes), Jean-Pierre Lebrun (psychanalyste), Antoinette Rouvroy (Docteur en sciences juridiques), Michel Dupuis (Docteur en philosophie), Geneviève Azam (économiste, professeure honoraire de l’Université de Toulouse). Organisé par le GRAPPE (Groupe de Réflexion et d’Action pour une Politique Écologique) Lieu : faculté de Droit de l’Université de Namur, rempart de la Vierge, Namur

Mobilisation contre le Forum pour le futur de l’agriculture (FFA) : une coalition d’organisations paysannes (mouvement La Via Campesina), d’organisations de la société civile et de citoyen-ne-s dénonceront les fausses solutions de l’agro-business : l’agriculture industrielle n’a pas de futur ! Rassemblement le 28 mars 2017, de 12h30 à 13h30, au Mont des Arts, Bruxelles.

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