Mouvement politique des objecteurs de croissance (mpOC)

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2017 : résister, plus que jamais

mpOC | Posté le 12 janvier

Billet bimestriel - Janvier 2017

Tous les commentateurs sont d’accord : l’année 2016 fut un très mauvais cru. Températures les plus élevées jamais enregistrées depuis qu’existe la météorologie ; meurtrière guerre sans fin au Moyen-Orient, avec les ressacs en Europe de millions de réfugiés venant y quémander la survie et de quelques fanatiques désespérés y ramenant la mort ; montée en puissance des extrêmes droites poussées par des institutions européennes qui n’imaginent comme politique que l’ultra-libéralisme et l’austérité pour le plus grand nombre ; multiplication des « démocratures », avec des dirigeants plus ou moins autoritaires, de Poutine à Erdogan, de Kaczynski à Orban…

Et l’on n’attend guère mieux pour 2017, avec Ubu qui va devenir roi à Washington et les mesures antisociales prises par le gouvernement nationaliste-libéral belge (loi Peeters &Co) qui vont commencer à faire sentir leurs effets et augmenter le nombre de précaires dès ce début d’année. Vous avez peur ? Vous avez bien raison !

Mais la lucidité n’empêche ni l’espoir ni le courage.

Il importe donc de nous tourner vers les lieux de résistance qui existent çà et là. On est parfois grandement étonné du silence des médias dominants sur ces alternatives originales. Ainsi, dans le nord de la Syrie, le Rojava vit une expérience étonnante, si peu mise en évidence. Les Kurdes, peuple sans territoire, y mettent en place un régime exemplaire, plus que démocratique, où des femmes musulmanes prennent une place majeure. Ce modèle, qu’il se nomme confédéralisme démocratique ou municipalisme libertaire, est inspiré par un anarchiste américain, Murray Bookchin, et promu par un révolutionnaire emprisonné depuis 19 ans dans une geôle turque, Abdüllah Öcalan. Tout cela fait évidemment un peu tache dans la logique dominante du désordre établi et en parler déplairait sans doute à « notre ami Erdogan » qui retient, pour quelques milliards d’euros, ces réfugiés qui fuient les islamistes et que certains ne veulent pas voir « chez nous ».

Il faut donc une cinéaste libertaire française, Mylène Sauloy, pour aller filmer La guerre des filles dans les montagnes du Kurdistan ou un auteur de BD romain, Zerocalcare, pour décrire, dans le superbe album Kobane calling, le voyage périlleux à la rencontre de l’utopie réalisée en Syrie (c’est coup de cœur des spécialistes BD de la plus grande librairie de Belgique : les bonnes infos suivent parfois des chemins étonnants).

On croyait pourtant avoir compris ce qu’il fallait arrêter, en 2008, lors de la crise financière qui nous accable encore toujours aujourd’hui : tous les commentateurs ont conclu que si le monde tourne si mal, c’est à cause de la cupidité, de l’avidité, de l’appétit immodéré pour le toujours plus de fric qui a poussé les banquiers à faire des folies dangereuses (dangereuses pour les autres, évidemment). Mais tout le monde n’a pas retenu la leçon. Pour montrer les deux voies possibles quant à l’attitude relative à la cupidité, nous vous proposons d’écouter deux présidents d’Etats situés Outre-Atlantique, l’un au nord, l’autre plus au sud : .

Vous aurez reconnu le premier. Quant au second, vous ne serez pas surpris qu’il ait la préférence des objecteurs de croissance. Pépé Mujica, qui fut président d’Uruguay, a continué à vivre dans une humble ferme avec son épouse en rétrocédant 80% de son salaire à des œuvres de charité. Courage, intelligence, sagesse : tant de qualités réunies dans un seul homme et si peu d’entre nous le connaissent. Les médias font-ils vraiment bien leur boulot ?

Tout n’est donc pas perdu.

Nous n’allons pas très bien ici, en Occident, mais il est des régions du monde où les valeurs de démocratie réelle, de sobriété, d’écologie, de féminisme sont défendues. 2017 reste donc une année où il sera plus important que jamais de se battre pour faire triompher ces valeurs face à tous ceux qui ont basculé du côté sombre de la force.

Il y a mille manières de résister au productivisme/consumérisme mais nous nous permettons de vous suggérer, aussi, de soutenir ou de devenir membre du mpOC qui, allié avec d’autres, se bat pour que l’année 2017 marque le début de la sortie du marasme dans lequel nous a plongé le néolibéralisme.

/Alain Adriaens, porte-parole du mpOC

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