Mouvement politique des objecteurs de croissance (mpOC)

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Oui, nous allons changer nos modes de vie

mpOC | Posté le 26 novembre 2016

Billet bimestriel - Novembre 2016

Dans le précédent envoi du billet bimestriel des objecteurs de croissance, nous nous réjouissions des résultats d’une enquête d’un organisme de marketing qui montraient que, dans 6 pays européens, beaucoup étaient prêts à renoncer à des biens ou services imposés par la logique consumériste. Plus récemment, c’est le « Futuromètre » de la RTBF-Le Soir qui apporte des données très encourageantes. Sur les 3.740 personnes interrogées en Communauté Wallonie/Bruxelles, 84% avaient des craintes pour l’avenir de leurs enfants et 88% estimaient que « nous fonçons droit dans le mur et il est temps de changer nos modes de vie ». Ces personnes lucides sont même « fières de payer des impôts pour le bien-être général » à 63% mais ne sont que 10% à « faire confiance au monde politique pour réformer la société en profondeur ». Peut-être encore plus étonnant, 83% se disent « volontariste et déterminé à faire bouger les choses par mon action  ». Même s’il y a parfois loin de la coupe aux lèvres, il y à là un potentiel de mobilisation qu’il reste maintenant à activer par des voies autres que le simple jeu électoral. Ce ne sera pas facile mais il est clair que cela se met en place comme le montrent les actions qui ont poussé les Parlements de W/B à ébranler le consensus néolibéral autour des traités de libre-échange transatlantiques. La plateforme NO-TRANSAT regroupe aujourd’hui 317 organisations (dont la nôtre, évidemment) et les dizaines, les centaines, d’actions ludiques et désobéissantes des activistes de TTIP Game over. Cela bouge partout…

On assiste donc au triple mouvement prôné par les OC depuis 10 ans :

  • à titre personnel, de plus en plus de personnes renoncent à l’avidité matérialiste et décident de vivre plus simplement ;
  • de manière collective, ils sont nombreux à s’engager dans des activités communes, pas seulement les nouveaux mouvements de transition (GAC, AMAP, SEL, repair cafés, monnaies locales, potagers collectifs…) mais aussi dans le tissu associatif ancien (social, culturel, environnemental, nord-sud…) en tant que bénévoles ou à s’engager professionnellement dans des coopératives plutôt qu de travailler dans le secteur à finalité lucrative ;
  • et surtout, cette option nouvelle commence à avoir des relais au niveau politique ; le mpOC se sent moins seul et beaucoup réalisent que le choix sera entre la récession, brutale et faisant des dégâts chez les moins favorisés, et la décroissance, atterrissage en douceur où une des décroissances prioritaires est celle des inégalités.

Enfin, puisque « Charité ordonnée commence, hem plutôt, finit par soi-même », je me permets de vous présenter ici mon tout nouveau livre dans lequel je montre que le choix de la simplicité n’est pas une nouveauté, lubie de quelques excentriques, mais un mode de vie qui, de tout temps, a été privilégié par des penseurs, philosophes, spirituels, militants existentiels. Un millénaire de simplicité volontaire en Occident vient de paraître chez Couleurs livres qui a réalisé une petite vidéo où je présente ce bouquin qui, je crois, apprendra certaines choses, mêmes aux décroissants de longue date.

Quand on dit simplicité volontaire, on pense objecteurs de croissance ou écologistes radicaux. Un regard rétrospectif sur le dernier millénaire en Occident montre que, de tous temps, la quête d’une vie simple, détachée de la volonté d’accumulation de choses a été un idéal recherché. Sages, philosophes, spirituels, gens de peu… ont souhaité une pauvreté matérielle modérée.

Depuis les Cathares de l’an mil jusqu’au 1984 d’Orwell en passant par les socialistes utopiques du XIXe siècle, on découvre cette nébuleuse simplicitaire qui a marqué nos imaginaires. Dans nos sociétés d’hyperconsommation, elle survit et se développe à côté des dogmes néolibéraux et de l’impératif du “toujours plus”.

Après l’effondrement de l’idéologie marxiste, nos sociétés réalisent l’impasse productiviste libérale et l’essoufflement de la social-démocratie. L’ouvrage s’achève sur un regard prospectif sur un mode de pensée neuf qui tente d’imaginer un avenir collectif qui s’appuie sur le meilleur des traditions écologiste, socialiste et anti-autoritaire

Alain Adriaens, biochimiste, généticien, écologue scientifique s’est tourné vers l’écologie politique. 27 années de mandats dans les institutions (communales et parlementaires) ne l’ont pas empêché d’être convaincu que les changements vers une société meilleure passent aussi par l’engagement existentiel, citoyen et associatif dont se réclament aujourd’hui la majorité des partisans d’un mode de vie plus simple. Il est, en 2016, porte-parole du mouvement politique des objecteurs de croissance.

ISBN : 978-2-87003-694-5 - n 184 p. n 15*22 cm n 18€

Pour le mpOC, Alain Adriaens, porte-parole

 
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