Mouvement politique des objecteurs de croissance (mpOC)

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L’Escargot déchaîné n° 22

mpOC | Posté le 17 novembre 2014

Edito : Le gouvernement qui se trompe de mesure

A peine née, la coalition de droite radicale comprenant MR, N-VA, CD&V et Open VLD sort ses mesures phares : travail d’intérêt général pour les chômeurs de longue durée, retraite à 67 ans, entre autres. Il entrera dans l’histoire comme le gouvernement qui se trompe de mesures.

Ce gouvernement a manifestement décidé que la crise économique était de la faute des pauvres : ce sont les chômeurs, les invalides, les retraités et les sans-papiers qui en feront les frais, conduisant à la production d’une classe de surnuméraires. Nous entrons dans ce qu’Isabelle Stengers appelle la barbarie. Il existe des rouages utiles et des rouages inutiles, tout humain étant considéré comme un simple rouage. A y réfléchir, nous sommes tous en trop, nous coûtons. Les chômeurs, les invalides et les retraités coûtent à la société, les salariés à leur patron, les indépendants à la banque qui leur prête de l’argent… C’est le monde à l’envers. Manipuler les gens pour se faire passer pour victime lorsque l’on est coupable, c’est normalement cela que l’on appelle la perversion.

Ceci est couplé au fait que le gouvernement est dans le déni le plus total de la catastrophe écologique qui s’annonce. Mises à part les mesures de greenwashing d’usage, aucun problème n’est pris en compte, au contraire : Doel 1 et 2 seront maintenus en activité jusqu’en 2025, au mépris de tout principe de précaution. Aujourd’hui, nous entrons en résistance. Nous entrons en résistance contre un gouvernement qui ne représente que 20% des Belges francophones. Nous entrons en résistance contre un gouvernement qui renverse complètement les priorités. Nous entrons en résistance car nous savons que nous produisons en Belgique bien plus que ce qu’il faut pour faire vivre chacun dignement, et que donc nous savons qu’il est possible que chacun vive dignement. Nous entrons en résistance car nous ne voulons pas d’une austérité mortifère couplée à un productivisme idiot. Nous voulons sortir de cette logique et mettons les questions sociales et écologiques au centre de nos préoccupations.

Dans quel monde voulons-nous vivre ? Pas dans ce monde de compétition, de production, de chacun pour soi où le riche écrase autant le pauvre que la nature qui l’entoure. Nous savons que d’autres mondes sont possibles. Nous souhaitons un nouveau pacte social, comprenant la remise en cause du payement de la dette, la dotation inconditionnelle d’autonomie, la relocalisation de la production et des industries nécessaires, et la diminution drastique du temps de travail pour offrir à toutes et tous les conditions d’une vie décente et les possibilités pour chacun de développer ses dons et de servir la société, notamment en participant à ses institutions. C’est au nom de ce nouveau pacte social que nous disons, comme peuvent le dire 80% des Belges francophones, « pas en notre nom ». Ils ont choisi la barbarie, nous choisirons la décroissance.

Pour le Mouvement politique des objecteurs de croissance, Marie-Eve Lapy-Tries et Bernard Legros, porte-parole

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