Mouvement politique des objecteurs de croissance (mpOC)

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Le mpOC soutient et appelle à soutenir les actions syndicales de ce mercredi 14 novembre

mpOC | Posté le 10 novembre 2012

Contre l’austérité et la croissance,
pour le partage et l’autonomie.

Comme d’autres mouvements, syndicats, partis et associations soucieux du bien commun, le Mouvement politique des objecteurs de croissance (mpOC) dénonce les politiques d’austérité actuelles. Elles sont socialement injustes puisqu’elles protègent l’intérêt particulier des puissances financières et marchandes au détriment de l’intérêt général. Nous n’oublions pas non plus que la dette privée a été et continue à être transférée sur la collectivité. La dette publique résulte aussi de l’accumulation des cadeaux fiscaux accordés aux plus riches. Le discours sur la dette publique est donc irrecevable. Il vise à poursuivre un programme néolibéral de casse des acquis sociaux et services publics amenant la destruction de ce qui fait que la société tient encore ensemble. Le mpOC soutient donc le CADTM pour un audit de la dette, celle-ci étant très largement illégitime. Le mpOC soutient également le recours du CADTM et d’Attac pour dénoncer les garanties astronomiques accordées à Dexia. Celles-ci d’autant plus inacceptables qu’elles peuvent être vues comme une récompense et un encouragement à l’irresponsabilité. Par ailleurs, le mpOC demande la démission des Ministres qui ont été à l’initiative de ces décisions iniques prises dans la précipitation sans aucun accord parlementaire. Elles pèsent démesurément sur les budgets de l’État. Personne ne doit pouvoir disposer du droit à engager un État à hauteur de 15 % (aujourd’hui 12) de son PIB pour le sauvetage d’une banque.

Les politiques d’austérité sont économiquement absurdes car elles provoquent plus d’insolvabilité, de faillites, de chômage et plongent les économies dans plus de récession. (Nous rappelons que cette récession n’a rien à voir avec le projet porté par les objecteurs de croissance et qu’on appelle aussi « décroissance ».) Les autorités ne semblent tenir aucun compte des leçons de l’histoire. Dans les années 1930, les mêmes politiques déflationnistes - autre nom de l’austérité - avaient été menées par plusieurs gouvernements et avaient accentué la dépression : Hoover aux États-Unis, Laval en France, Brüning en Allemagne ce qui a porté en réaction Hitler au pouvoir. Il en est de même plus récemment avec les politiques d’ajustement structurel - autre nom de l’austérité - menées par le FMI et la Banque Mondiale dans les pays du Sud. On peut encore constater l’absurdité des politiques déflationnistes menées actuellement dans des pays plus proches de nous : Grèce, Portugal, Espagne...

Le mpOC dénonce aussi l’Europe néolibérale obsédée par la croissance qui subordonne toute considération sociale, fiscale, environnementale, démocratique aux intérêts particuliers de la finance et des marchands. Le travail et les biens communs n’y sont considérés et traités que comme de simples matières à profits. Nous demandons d’enfin construire l’Europe sociale, tant promise mais toujours oubliée.

Le mpOC invite les syndicats à porter des revendications plus fortes, à renouer avec leur histoire mais sans la répéter au regard des enjeux écologiques qui nous font face. Souvenons-nous des luttes ouvrières et syndicales qui ont sorti les enfants du travail, réduit considérablement le temps de travail, construit le droit du travail, le droit de grève, la sécurité sociale, les pensions, les congés payés... Souvenons-nous aussi de la déclaration de Philadelphie qui en 1944 oppose la dignité humaine à la barbarie de la gestion des hommes comme des choses en rappelant que « le travail n’est pas une marchandise », qui affirme que « une paix durable ne peut être établie que sur la base de la justice sociale » et que « la pauvreté, où qu’elle existe, constitue un danger pour la prospérité de tous », qui subordonne des politiques économiques et financières à ces objectifs de justice sociale. Néanmoins, même si les enjeux sociaux de la déclaration de Philadelphie sont plus que jamais d’actualité, nous devons nous rendre compte également que le monde a bien changé depuis 1944 et nous devons abandonner résolument les objectifs productivistes, de croissance illimitée, de commerce mondial effréné, destructeurs de l’humanité et de l’environnement, au Nord comme au Sud.

Aujourd’hui, les gains de productivité sont tels qu’il faut de moins en moins de travail pour produire toujours plus. Les machines, automates et ordinateurs ont en effet remplacé les hommes qui, avec leurs salaires, sont pourtant les seuls à consommer la production. Alors qu’autrefois les mouvements ouvriers et syndicaux avaient lutté pour réduire le temps de travail, ce n’est plus le cas ou à la marge depuis les années 1980. Il ne s’agit plus tant de vouloir plus d’emploi de qualité que de partager le travail et donc de réduire fortement le temps de travail à proportion des gains de productivité. Il convient aussi de sortir de notre condition d’employé, à savoir d’individu soumis à un marché du travail et donc à un employeur qui détermine le salaire, le poste de travail et le type de production avec comme critères la rentabilité financière à court terme, la production en vue de la demande solvable, la fabrication de prétendus « besoins » à destination de ceux qui en ont encore les moyens. À cette détermination de la production par les marchands et pour le profit, nous opposons l’autonomie et donc la détermination et la maîtrise de la production par les citoyens et les travailleurs dans le respect des biens communs, des objectifs sociétaux et environnementaux déterminés démocratiquement. Il faut dès lors déconnecter travail et revenus pour se libérer du marché de l’emploi ; le mpOC porte le revenu inconditionnel d’existence à cette fin.

Nous pensons aussi que les mutations profondes de la production et du monde du travail réclament d’autres moyens d’action et de mobilisation. Le pouvoir d’une grève générale (du travail) est très amoindri puisque les machines, automates et ordinateurs, eux, ne font pas grève alors qu’ils ont remplacé les hommes. À la suite de Paul Ariès, nous appelons à une grève générale de la consommation, « conçue comme un véritable mouvement social avec ses revendications collectives opposées aux gouvernement et patronat ».

Le mpOC appelle ses membres et sympathisants à se mettre en grève (de production comme de consommation) ce mercredi 14 novembre.

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